Depuis début janvier 2026, Cuba fait face à une crise énergétique sans précédent, directement liée à l’intervention militaire américaine au Venezuela et à la capture du président Nicolás Maduro le 3 janvier. Le Venezuela, principal fournisseur de pétrole de l’île depuis des décennies (environ 30 à 35 000 barils par jour en 2025), a vu ses exportations vers La Havane totalement stoppées par le blocus naval et les sanctions renforcées imposées par l’administration Trump. Cette coupure brutale, combinée à des pressions similaires sur d’autres fournisseurs comme le Mexique (menacé de tarifs douaniers américains sur ses exportations vers Cuba), a plongé le pays dans une pénurie aiguë de carburant et de fioul lourd, essentiels pour la production d’électricité et les transports.
Les conséquences sont immédiates et dramatiques : des coupures d’électricité massives touchent l’ensemble du territoire, avec des blackouts pouvant durer jusqu’à 10-15 heures par jour, même à La Havane. Les provinces orientales (comme Santiago de Cuba, Holguín ou Granma) connaissent des pannes quasi totales, tandis que les files d’attente interminables se forment devant les stations-service vides. Le gouvernement a annoncé des mesures d’urgence : rationnement strict du carburant (limites à 5 gallons par véhicule dans certains cas), semaine de quatre jours pour les administrations et entreprises publiques, télétravail généralisé, fermeture temporaire d’hôtels non essentiels, et suspension des ravitaillements en kérosène pour les compagnies aériennes internationales (jusqu’au 11 mars 2026 selon les autorités cubaines). L’aéroport international José Martí et d’autres sites sont affectés, menaçant le tourisme déjà en chute libre.
Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de « blocus pétrolier » américain, qualifié par La Havane d’« asphyxie économique » visant un changement de régime. Le président Miguel Díaz-Canel a dénoncé ces mesures comme une agression qui impacte transports, hôpitaux, écoles, agriculture et industrie. L’ONU a alerté sur un risque de « collapse humanitaire » si les approvisionnements ne reprennent pas rapidement. Les réserves restantes sont estimées à 15-20 jours au rythme actuel (selon des analyses comme celles de Kpler), même avec les restrictions. Cuba, qui ne produit que 40 % de ses besoins énergétiques, cherche désespérément des alternatives (Russie, Algérie, ou aides humanitaires limitées), mais la pression diplomatique et économique américaine rend la situation extrêmement précaire pour les 11 millions d’habitants.
