Le Secrétariat Général de la Présidence a officiellement invité le Premier ministre, les membres du gouvernement et les principaux collaborateurs à la cérémonie marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Cet événement solennel se tiendra ce samedi 7 février 2026 à 10h00 à la Villa d’Accueil, à Musseau (Delmas), dans la banlieue nord-est de Port-au-Prince.
La Villa d’Accueil, résidence coloniale devenue siège temporaire du pouvoir exécutif en raison de l’insécurité persistante au centre de Port-au-Prince, accueillera donc cet acte protocolaire dans un climat marqué par l’incertitude. Le pays reste confronté à une violence gangstère accrue, à l’absence d’élections organisées et à des tensions politiques internes, notamment autour du maintien ou non du gouvernement actuel.
Cette cérémonie marque la clôture symbolique des 22 mois de mandat du CPT, instauré en avril 2024 pour piloter une transition politique face à la crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire profonde qui frappe Haïti. Laurent Saint-Cyr, président et coordinateur du Conseil, devrait prononcer un discours de bilan. La présence du corps diplomatique et d’autres invités de haut rang est attendue, avant une remise protocolaire des rênes du pouvoir exécutif au Premier ministre, chargé d’assurer la continuité de l’État.
Cependant, cette invitation intervient dans un contexte marqué par des tensions exacerbées entre le CPT et la Primature ces dernières semaines. Fin janvier 2026, cinq membres du Conseil (dont Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Fritz Jean) ont adopté une résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusé implicitement de blocages ou d’inefficacité dans la gestion de la crise. Cette initiative a provoqué un bras de fer institutionnel ouvert, avec une opposition ferme du coordinateur Laurent Saint-Cyr, qui a refusé de donner suite à la révocation.
La communauté internationale, menée par les États-Unis (soutenus par le Canada, l’Union européenne, la France et d’autres partenaires du Core Group), a fermement condamné cette tentative, menaçant de sanctions (dont des restrictions de visas imposées à certains membres du CPT pour liens présumés avec des gangs). Washington a réaffirmé son soutien explicite à Alix Didier Fils-Aimé, insistant sur la nécessité de stabilité et qualifiant toute révocation de nulle et non avenue. La CARICOM a également exprimé sa préoccupation face à ce conflit au sommet de l’État.
Ces divisions ont amplifié l’incertitude : le CPT n’a pas organisé d’élections crédibles, la violence des gangs s’est intensifiée (malgré des offensives récentes de la police), et des accusations de corruption et d’inefficacité pèsent sur le Conseil. Des acteurs politiques, l’opposition plurielle et des regroupements comme l’accord de Montana ont réclamé le départ immédiat du CPT et du gouvernement actuel le 7 février, plaidant pour une solution alternative (comme un président issu de la Cour de cassation).
Le peuple haïtien, confronté à une insécurité galopante et à un vide institutionnel persistant, suit ces développements avec appréhension, espérant que cette date charnière ouvre enfin la voie à une stabilisation durable et au retour à l’ordre constitutionnel.
