Depuis le 29 février 2024,l’Hôpital Universitaire d’État d’Haïti (HUEH), plus connu sous le nom d’Hôpital Général, est fermé.
Fermé non pas par manque de médecins.
Non pas par manque de patients.
Mais parce que l’insécurité a pris le contrôle de la zone.
Et depuis cette date, une question persiste : où est l’État ?
Je ne parle pas seulement comme étudiant en médecine. Je parle comme citoyen. Comme jeune haïtien inquiet. Comme futur médecin dont la formation est suspendue dans l’incertitude.
Un silence qui fait mal
L’Hôpital Général n’est pas un bâtiment ordinaire. C’est le cœur du système hospitalier public. C’est là que les plus pauvres reçoivent des soins. C’est là que les étudiants apprennent à sauver des vies. C’est là que les résidents se spécialisent. C’est là que se construit l’avenir médical du pays.
Sa fermeture n’est pas une simple interruption administrative.
C’est une rupture brutale.
C’est un abandon ressenti.
Pendant que d’autres institutions se relocalisent, pendant que certains services trouvent des alternatives, l’HUEH reste paralysé. Et nous restons sans réponse claire, sans plan public, sans calendrier, sans engagement ferme.
Ce que je ressens
Je ressens de l’inquiétude.
Je ressens de la frustration.
Je ressens aussi une forme de tristesse.
Parce que chaque jour de fermeture est un jour de retard dans la formation des futurs médecins. Chaque mois qui passe fragilise davantage le système de santé déjà en crise. Chaque silence officiel augmente l’impression que l’hôpital le plus important du pays peut être mis entre parenthèses sans priorité nationale.
Ce que j’attends de l’État haïtien
Je n’attends pas des discours.
J’attends des décisions.
Un plan clair de sécurisation.
Une relocalisation temporaire bien structuré
Une communication transparente.
Une reconnaissance officielle que la fermeture de l’HUEH est une urgence nationale.
Nous ne demandons pas l’impossible.
Nous demandons de la responsabilité.
Car fermer l’Hôpital Général, c’est fermer une porte aux plus vulnérables.
C’est ralentir la formation médicale.
C’est affaiblir l’avenir sanitaire du pays.
Et un pays sans système de santé solide ne peut pas se reconstruire.
🇭🇹Marc-andelor BENJAMIN étudiant en médecine FMP-UEH
